La réflexion est un retour à la source commune de l’entendement et du vouloir.
On ne réfléchit point, à proprement parler, sur des choses, mais sur cette activité même qui connaît les choses ou qui les modifie. C’est cette activité dont la réflexion essaie de s’emparer pour la justifier et pour en régler le cours : elle surpasse l’opposition de l’entendement et du vouloir qui ne se dissocient que par l’objet même auquel ils s’appliquent, mais non point par leur exercice pur. La réflexion retrouve l’activité de l’esprit à sa source même, avant qu’elle se soit divisée dans la participation pour permettre à l’être fini de contempler un monde qu’il n’a pas créé ou de le transformer selon son pouvoir. Elle fonde cette division des facultés qui est la loi même de la conscience ; elle les met en communication ; elle les oblige à se déterminer par les mêmes raisons.