C’est le sujet absolu qui est la condition à la fois du sujet en général, du sujet individuel et de leur accord.
Ce sujet lui-même ne peut pas être confondu avec l’intelligence, bien que l’intelligence soit supportée par lui — tout autrement, il est vrai, que cette expérience dont il était lui-même le centre. Car cette intelligence, bien que toujours exercée par moi, est en moi cela même par quoi je me connais, je me situe et je me dépasse. Aussi ne se contente-t-elle pas de découvrir le sujet de l’expérience : elle en cherche le sens. Il y a en lui beaucoup de caractères qui lui échappent et qu’elle cherche à approfondir : ce sujet lui révèle sa limitation, tant qu’il n’est encore que sujet psychologique et centre d’une perspective qui n’appartient qu’à lui seul. Un tel sujet n’est que la détermination du sujet en général, posé en lui sous une forme concrète, mais qui est la condition de possibilité de toute expérience, et non pas seulement de telle expérience. Mais cela même ne peut pas nous suffire : car la question se pose encore de savoir pourquoi il y a ainsi des sujets différents qui puissent devenir le centre non pas seulement d’une perspective individuelle, mais même d’une perspective quelconque. Ce qui me conduit à poser un sujet absolu qui est non seulement la condition de l’existence du sujet en général, comme le sujet en général était la condition du sujet individuel et comme le sujet individuel était le sujet de mon expérience concrète, objective et subjective, mais la condition à la fois du sujet en général, du sujet individuel et de leur accord.