La méthode réside dans une conduite de l’intelligence.
La philosophie réside donc dans une certaine action de l’intelligence. Il ne s’agira point de chercher à connaître l’intelligence, puisque c’est l’intelligence même qui devrait la connaître. Connaître l’intelligence, c’est seulement l’exercer. Mais elle ne s’exerce point toute seule. Ou du moins, elle tend vers un objet dont elle cherche à acquérir une sorte de possession : mais elle lui donne une telle transparence qu’il semble se résoudre en elle et que sa présence à tout le réel devient, à la fin, sa propre présence à elle-même. Il en est ici comme de la lumière qui commence par éclairer l’obscurité du monde et dont on se demande aujourd’hui si elle n’en est pas aussi la substance. De là vient que la philosophie nous paraît toujours consister dans une direction de l’intelligence, c’est-à-dire dans une certaine méthode, et que cette méthode elle-même semble se confondre avec la doctrine, comme le montre l’exemple de toutes les grandes philosophies. La philosophie dépend d’une opération de l’attention constamment renouvelée, qui, pourvu qu’elle se produise comme il faut, nous découvrira l’être même que nous sommes et son insertion dans le tout de l’Être, dont il est à la fois séparé et inséparable.