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« Si ton œil est simple, tout ton corps sera lumineux. » Déjà, toute communication réelle avec un autre homme est un effet de la simplicité. Elle seule peut donner à l’intelligence et à la sensibilité cette parfaite délicatesse qui, en délivrant le regard de la taie de la convoitise, assure sa lucidité.

La vérité ne peut jamais pénétrer que dans une conscience qui s’en montre digne. Cela est vrai déjà de la connaissance des choses matérielles. Mais alors, une certaine application de l’attention y suffit ; quand il s’agit des spirituelles, il y faut encore une certaine pureté du vouloir. Aussi est-ce un domaine où les aveugles sont plus nombreux. Et l’on peut dire à la fois que celui qui s’élève le plus haut est aussi celui qui connaîtra la lumière la plus claire et la plus belle, et que celui qui aura le mieux vidé son âme de toutes les souillures de l’amour-propre aura le plus de place pour la recevoir.

Les philosophes que l’on considère comme les plus grands ressemblent souvent à d’industrieux mécaniciens dont les concepts bien polis s’agencent dans d’adroites combinaisons. Il y a là une tentation à laquelle n’ont su échapper ni Aristote, ni Spinoza, ni Hegel. Mais on trouve dans l’esprit le plus simple une croissance droite et naturelle qui suffit à le mettre au-dessus de cette apparente grandeur.

Et il y a une simplicité du regard spirituel qui dissipe et qui dépasse toutes les subtilités, toutes les apories de la raison. Tant de sapes qui s’ignorent deviennent des chemins de lumière qui se multiplient et qui convergent tous vers le même foyer.

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