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Il n’y a rien, dira-t-on, de beau, de noble et de pur dans le monde que la lumière. Tout ce qu’elle enveloppe, et même tout ce qu’elle touche, est aussitôt embelli, ennobli et purifié. Elle fait éclater toutes les horreurs qui remplissent la nature, mais elle n’en est pas souillée.

Nous ne sommes attentifs à la lumière que par les ombres qui l’accompagnent et c’est dans l’ombre même que nous cherchons souvent les bienfaits de la lumière, à la fois parce qu’elle nous préserve de son éclat, parce qu’elle nous en découvre la proximité et, parce qu’elle porte en elle sa présence diffuse. C’est la lumière du jour qui fait la beauté de la nuit : elle enferme en elle tout le mystère de la nature dont le jour nous donnera la révélation. Mais il y a dans la nuit le souvenir et la promesse du jour et l’obscure clarté qui rejoint le crépuscule à l’aurore. La nuit nous donne toujours une incomparable émotion et il y a en elle une vie profonde et secrète que le jour épanouit peu à peu dans la précision des formes et des contours. La sensibilité est comme une nuit d’où le jour de la pensée ne cesse d’éclore. Mais qui peut penser à les séparer ?

Or il y a deux sortes de lumière dont l’une n’est, si l’on peut dire, que l’ombre de l’autre, bien que le plus souvent elle nous contente. Car il nous suffit que les objets paraissent au regard enveloppés par la lumière du soleil pour que nous oubliions une autre lumière qui les éclaire du dedans, que nous percevons en fermant les yeux et qu’il faut retrouver à travers l’autre pour qu’elle nous révèle toujours les âmes derrière les corps.

Et si la lumière extérieure nous révèle le rapport des choses avec notre corps, la lumière intérieure nous révèle leur rapport avec notre âme, c’est-à-dire leur âme même, ce qu’elles sont et non plus ce qu’elles paraissent : c’est la lumière de l’amour. En elle le sens même de notre vie se découvre, les tâches qui nous sont proposées cessent de nous contraindre et les solutions s’offrent à nous avant les problèmes. Dès qu’elle nous éclaire, nous sommes moins sensibles encore aux objets qu’elle nous montre qu’à la joie qu’elle-même nous donne.

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