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L’âme est comme une sorte de feu qui nous a été confié et qu’il nous appartient d’entretenir : c’est notre devoir de ne lui fournir que les matériaux les plus purs. Il ne suffit pas de dire que, comme le feu, elle purifie tout ce qu’elle touche ; car la qualité de la flamme dépend toujours de ce qui l’alimente ; elle peut produire une obscure fumée qui lui retire la lumière et même la chaleur ; elle peut s’éteindre et ne laisser au foyer que des cendres amères ou des charbons consumés.

Il y a différentes ivresses qui peuvent provenir de l’exaltation de toutes les puissances de l’âme, des plus nobles comme des plus viles. Le propre de la raison, c’est de savoir les discerner, plutôt que les abolir. Dira-t-on que les hommes les plus simples et les plus forts sont ceux qui reçoivent toutes les touches de la vie spirituelle sans en être jamais enivrés ? Ou dira-t-on seulement qu’ils ne connaissent qu’une ivresse, qui est celle de l’eau pure ? C’est celle de l’innocence reconquise qui reçoit devant chaque événement une inspiration nouvelle en abolissant, comme l’innocence, toute division intérieure, tout arrière-goût de l’amour-propre, toute fureur de l’imagination, toute ombre de complaisance ou de perversité.

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