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L’action la plus profonde est une action de pure présence : et tout effort que nous faisons pour la soutenir ou y ajouter est la marque de son imperfection et de son insuffisance. Nous n’agissons jamais que pour nous rendre présent à la réalité, à nous-même, à autrui ou à Dieu. Or toute présence est spirituelle, bien qu’on ne puisse l’obtenir qu’en traversant et en dépassant la présence sensible. Seulement il arrive que celle-ci, en paraissant nous combler, finisse par nous suffire. On croit qu’elle nous dispense, et elle arrive à nous empêcher d’accomplir l’acte personnel et vivant qui pourrait seul nous donner l’autre. Au contraire, lorsque la présence spirituelle se produit, nous n’avons plus besoin de la présence sensible. Nous ne devons pas commettre la faiblesse de la désirer. Dire qu’un être agit par sa seule présence, c’est dire que les effets de son action se multiplient sans qu’il ait besoin de le vouloir. C’est ainsi que Dieu gouverne le monde. Et c’est ainsi que procède chacun de nous quand son action est la plus simple et la meilleure. Mais alors tous nos mouvements se développent et s’achèvent avec tant d’aisance et de naturel que nous sommes pour ainsi dire portés par eux, jusque dans l’initiative qui les produit. Il ne faut donc pas s’étonner que la volonté, dès qu’elle intervient, puisse les contrarier en cherchant à les seconder.

L’activité la plus parfaite est toujours éprouvée comme un pur consentement à être et à vivre. Ses œuvres ne sont pour elle qu’un aliment, qu’elle doit consumer toujours, afin de se rallumer sans cesse au même foyer.

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