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Mais le mot idéal témoigne d'une manière plus étroite encore de sa relation avec l'existence dont le rôle est précisément de le discerner et de le poursuivre. Car c'est seulement quand on le compare au réel et même à cette forme bloquée du réel qu'est le réalisé, que l'idéal apparaît comme le rêve d'une imagination impuissante. Autrement il peut être défini comme l'attrait de la valeur : dès lors, si on remonte jusqu'à sa source, à savoir jusqu'à l'existence pour laquelle il n'est qu'un possible qu'elle actualise, mais un possible chargé de valeur et qui ébranle en elle le vouloir, il reste toujours en rapport avec la réalité, non plus comme son contraire, mais comme le principe intérieur qui la meut et qui la justifie. L'idéal et le réel sont alors inséparables et, si l'on peut dire, essentiels l'un à l'autre, car l'idéal a toujours besoin d'être réalisé, faute de quoi il resterait un possible pur et n'exprimerait pas cette participation à l'être et au bien dont le caractère propre est de se dépasser toujours elle-même indéfiniment, et le réel, sans l'idéal, manquerait de ce principe intérieur de réalisation qui en constitue la raison d'être, et sur lequel on ne cesse de le juger par l'écart même qui l'en sépare.