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Il convient maintenant d'examiner le rapport entre l'idéal, qui est l'idée considérée dans son caractère dynamique, et la valeur elle-même. On peut soutenir sans doute, si on accepte notre conception de l'idée, que toute valeur est une idée et qu'il n'y a d'idée que de la valeur. C'est là une conséquence qui doit nécessairement se produire si l'on réduit l'idéal à l'idée. On obtient ainsi l'avantage de remonter de la réalité jusqu'à l'existence, qui précisément, pour qu'elle assume la responsabilité d'elle-même, ne peut dissocier l'idée qu'elle pense de la valeur qu'elle a à acquérir ; l'idéal alors retrouve son caractère positif, parce que l'existence est au-dessus de la réalité et qu'il est comme une exigence de la produire. Au contraire, quand on se bornait à opposer l'idéal au réel, il y avait danger, comme on l'a vu, à penser que ces deux termes pouvaient s'exclure, ce qui risquait de conduire à une condamnation sans appel du réel qui, s'il cessait d'être un moyen au service de l'idéal, ne pouvait que justifier les plaintes du pessimisme et à un renvoi de l'idéal dans un monde irréel et chimérique, qui ne permettait d'expliquer ni son origine, ni son action sur notre conduite.