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On trouvera déjà une illustration de cette idée dans l'exemple des valeurs économiques que l'on n'incorpore pas sans paradoxe dans la table des valeurs, mais qui nous permettent d'en saisir les traits essentiels dans une sorte d'image matérielle. Ce sont des valeurs d'utilité, c'est-à-dire qui, comme le nom même l'indique, ne sont des valeurs que par rapport à autre chose, à savoir d'abord à l'entretien de notre corps, ensuite à la vie même de notre esprit dont notre corps doit être considéré comme la condition d'existence. Or l'idée même de l'utilité introduit déjà cette notion de temps qui nous a paru essentielle à la définition de la valeur, précisément parce que le propre de la valeur, c'est toujours d'être en rapport avec une activité de participation dont le rôle propre est de l'acquérir ; outre que la valeur utile suppose toujours une certaine transformation des choses, qui met en jeu à la fois la volonté et l'effort. — Cependant la valeur se présente déjà sous une forme déjà plus intériorisée dans les affections de la sensibilité, qui, bien qu'elles soient sous la dépendance du corps et des choses, font du corps et des choses les simples véhicules des états de conscience : or dans la conscience le désir sans lequel l'affection ne pourrait pas naître témoigne une fois de plus de la liaison de la valeur avec le temps. — Les valeurs esthétiques à leur tour intéressent les choses seulement en tant qu'elles sont dignes d'être contemplées, de telle sorte que, si nous ne pouvons pas les détacher de tout rapport avec le corps (car autrement elles cesseraient peut-être de nous affecter), du moins, avec elles, les intérêts du corps n'entrent plus en jeu : dans leur forme la plus haute, les valeurs esthétiques expriment le caractère des choses qui fait qu'elles sont voulues telles qu'elles sont, ou telles que nous voulons qu'elles soient. Et le temps ici est nécessaire pour que nous puissions en produire en nous la représentation par les ressources de l'art ou de la simple imagination. — Enfin la valeur sous sa forme proprement morale, dépend de la seule volonté, bien que le propre de la volonté, ce soit toujours de produire une action dans laquelle le monde tout entier se trouve intéressé. La valeur ici s'érige en juge de l'acte de participation ou du moins l'acte de participation devient juge de lui-même : elle fonde le mérite de la personne, son droit à exister, et si nous disons parfois des choses elles-mêmes qu'elles méritent d'exister, on voit bien que cette expression n'a de sens qu'à l'égard de la personne elle-même, dont elles expriment ou favorisent le développement. Mais ce développement lui-même, comme l'acte de la volonté qui le produit, ne peut avoir lieu que dans le temps.