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De là aussi le rapport que la valeur soutient avec le temps. Car il semble que la valeur soit elle-même au delà du temps dans la mesure où elle exprime une référence de la pensée à l'égard du bien que nous cherchons à incarner dans le temps, mais sans y réussir jamais tout à fait ; dès lors la valeur elle non plus ne peut pas trouver place dans le temps : nous ne parvenons jamais à la fixer ni à la capter. Et pourtant elle n'a aucun sens que par rapport à une incarnation éventuelle, et c'est parce qu'aucune incarnation ne réussit à l'enclore qu'elle exige toujours quelque incarnation nouvelle. Elle est ce qui doit être réalisé, mais ne peut jamais achever de l'être. Il en résulte non pas seulement qu'elle est toujours en relation avec le temps dans lequel doit se produire cette incarnation, mais encore que le temps mesure pour ainsi dire les étapes successives par lesquelles elle se réalise. Il y a plus : puisque l'existence réside toujours dans l'actualisation d'une possibilité, et que cette actualisation ne peut se produire que dans le temps, la valeur qui la justifie ne se réalise elle-même que par degrés. Et comme la réalité telle qu'elle est donnée, offre toujours une résistance à la valeur, qui est elle-même un retour à l'acte d'où procèdent toutes les données, mais qui nous oblige sans cesse à les dépasser, la valeur à son tour apparaîtra toujours comme solidaire d'un effort. Si la valeur doit trouver place dans une expérience qui est toujours spatio-temporelle, l'espace représente assez bien l'obstacle qui lui est opposé, mais à travers lequel il faut qu'elle se manifeste et se fasse jour, et le temps le chemin qu'elle doit prendre afin de poursuivre sa réalisation. Mais ce chemin doit être gravi, et c'est pour cela que nous parlons légitimement d'une échelle de valeurs en considérant moins encore la valeur en elle-même que les degrés de sa mise en œuvre. Car on observe ici la même ambiguïté qui accompagne toujours la valeur, en tant qu'elle est inséparable de la participation, et qui fait que, considérée en elle-même et dans sa relation avec le bien dont elle est l'exigence, elle exclut tout degré, au lieu que, dans sa relation avec la volonté qui la réalise et sans laquelle elle ne serait pas nommée la valeur, elle comporte une suite de phases qui sont l'une à l'égard de l'autre comme les moments d'un progrès continu, qui doivent être traversés tour à tour.