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En fait, on se trouve ici en présence de deux thèses contraires qui, précisément parce qu'elles sont vraies l'une et l'autre selon deux points de vue opposés et complémentaires, demandent toutes deux à être dépassées. L'une soutient que l'être est plus que le bien, car le bien n'est qu'une idée que l'être actualise et l'autre que le bien est plus que l'être parce qu'il ajoute à l'être une qualité qui le valorise. Or dans les deux interprétations l'être dont il s'agit, c'est l'existence ou la réalité ; mais d'une part on ne peut faire que le bien, en tant qu'il est une idée, ne soit inscrit dans l'être, et, s'il est une idée, que cette idée n'ait plus d'être que l'existence ou la réalité qui en sont l'expression et la limitation. Et d'autre part on conçoit que le bien ajoute à l'existence ou à la réalité ; mais ce qu'il leur ajoute, c'est précisément cette intériorité par laquelle elles pénètrent l'une et l'autre dans l'être, au lieu d'en être seulement une forme assumée ou une forme manifestée. Par conséquent l'être ne peut pas être plus que le bien, puisqu'il est seulement le bien en acte, hors duquel le bien n'est rien, même pas une idée, et le bien ne peut pas être plus que l'être, puisqu'il est aussi l'être en acte, hors duquel l'être n'est rien, même pas une apparence. Ce qui montre que dans l'acte l'être et le bien sont indiscernables.