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Mais dans la conscience que j’ai de mon existence, ce qui importe, c’est beaucoup moins l’anonymat d’une existence, dont je découvre ensuite qu’elle est la mienne, que la présence même de ce moi qui ne peut s’affirmer lui-même sans affirmer du même coup son existence. Ce qui appelle trois observations : la première, c’est que la conscience, dont je pense qu’elle est toujours l’affirmation d’un objet, est d’abord l’affirmation d’elle-même et que c’est l’affirmation d’elle-même incluse dans l’affirmation de tout objet qui est l’affirmation de mon existence ; la seconde, c’est que l’existence, en tant qu’elle est d’abord une auto-affirmation, est subjective dans son principe même ; la troisième, c’est qu’en disant pourtant du moi qu’il existe, j’inscris le moi dans une existence qui le dépasse, je pose, au moins idéalement, une existence universelle et hypothétique à laquelle le moi comme tel ne fait que participer.

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