Mais il importe de faire ici une distinction entre les acceptions différentes de l’idée de causalité dans le monde de l’expérience externe et dans le monde de l’expérience interne : l’emploi du même mot dans les deux domaines atteste qu’elles sont liées, mais il exige une transposition quand on passe de l’un à l’autre. Ainsi, la causalité physique ou interphénoménale élimine toute action véritable ; et en remontant de l’effet vers la cause, elle réduit la cause à la condition spécifique sans laquelle l’effet ne pourrait pas se produire. Au contraire, la causalité intérieure est transphénoménale ; elle descend vers l’effet ; elle contient en elle la possibilité d’autres effets que celui que nous voyons. Celui-ci masque son essence autant qu’il nous la découvre. Il l’assujettit à une sorte de nécessité unilatérale qui oblitère en elle sa fécondité créatrice. Loin de disparaître dans son effet, elle ressuscite toujours avec une nouvelle jeunesse de ces cendres qu’elle a laissées derrière elle.
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