De là cette conséquence qu’il est tout à fait vain de vouloir chercher derrière les choses sensibles « des choses intelligibles » cachées par elles et possédant cette parfaite résistance et cette stabilité immuable qui manquent aux premières. Nous croyons, en les dépouillant de tout rapport avec notre sensibilité, leur avoir donné une sorte de subsistance par soi. Pourtant il est évident qu’elles ne peuvent avoir d’existence que pour l’esprit même qui les pense. Et par une sorte de paradoxe, si nous sommes inclinés à les réaliser en leur accordant une parfaite objectivité, c’est seulement parce que nous pouvons incarner en elles cette présence de l’esprit à lui-même qui lui permet de les ressusciter indéfiniment.
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