L'amour dont il est l'objet tisse autour de chaque être une coque d'imperméable douceur qui le protège contre toutes les attaques, contre toutes les blessures. Sans lui, il se trouve livré sans défense à un univers hostile ou indifférent.
Celui qui est aimé est un dieu pour celui qui l'aime et qui l'adore et qui ne l'aime que s'il l'adore. Ce qui suffirait assez à prouver que l'amour, c'est Dieu même qui est présent au milieu de nous. Mais il y faut le rapport réciproque de celui qui aime et de celui qui est aimé. Car si c'est celui qui est aimé qui est adoré comme un dieu, c'est celui qui aime qui donne à l'autre ce qu'un dieu pourrait lui donner et c'est pour cela que dans l'amour véritable l'aimant et l'aimé ne sont pas deux êtres distincts mais que chacun d'eux est l'un et l'autre à la fois. Peut-on concevoir une unité plus active et plus vivante, où la dualité ne cesse de renaître mais afin de s'abolir, une forme d'union plus parfaite qui ne cesse à la fois d'être comblée et de se dépasser ?