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L'indifférence est le remède de l'indiscrétion. Et la frontière qui les sépare est la mesure de notre délicatesse. Il n'y a rien qui puisse nous demeurer indifférent ou étranger parce qu'il n'y a rien dont nous soyons séparé et dont nous n'ayons la responsabilité. Il n'y a point d'entreprise dans le monde dont nous ne voulions qu'elle soit bien conduite et à laquelle nous ne soyons disposé à prêter assistance si Dieu nous en donne l'occasion et les moyens, ce qui est sa façon de nous le demander. La règle suprême à l'égard des autres hommes devrait être celle-ci : Agis toujours de telle manière que tu leur fasses aimer la vie qu'ils portent en eux et le monde où ils habitent.

Le sage prévient toutes les demandes et ne répond à aucune. Non pas qu'il soit pour ceux qui l'entourent comme le soleil et la pluie pour le laboureur qui ne dispose que de leur usage. Il imite Dieu qui ne veut point connaître d'autres demandes que ces demandes profondes et informulées qui auraient honte de s'avouer, et qui reste sourd aux cris et aux supplications par lesquelles les âmes pleines de bassesse et de colère semblent toujours tenter de l'apitoyer et de lui forcer la main. Il ne veut pas de ces prières chargées de reproche et par lesquelles il semble que l'on veuille soumettre sa volonté à la nôtre, au lieu de faire le contraire.

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