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Il faut être impassible non seulement pour connaître les choses telles qu'elles sont, mais pour aimer les hommes comme ils le méritent. Ce qui laisse entendre que l'amour sous sa forme la plus parfaite n'est rien de plus que la connaissance des êtres, de leur valeur et de ce qu'on leur doit.

Il n'y a rien qui puisse nous donner autant de force à l'égard de nous-même et des autres que le sang-froid qui est la puissance de faire taire nos passions et de produire chez les autres la honte et le contrôle des leurs.

Le sage n'est pas celui qui est le plus insensible et qui connaît le moins d'oscillations intérieures, c'est celui qui sait reconquérir le plus vite cette indifférence attentive où toutes nos émotions viennent à la fois naître et mourir ; et quand tout est remis en place, il oublie toutes ces atteintes au point de ne plus comprendre comment il a pu en être un instant troublé.

Il semble que les esprits les plus vastes et les plus profonds n'entrent en sympathie avec aucune passion particulière. Alors on les trouve froids. C'est qu'aucune ne leur suffit et non point qu'ils les ignorent, car il y a en eux au contraire un foyer qui les alimente toutes à la fois, mais qui les consume toutes.

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