Il en est de nos rapports avec Dieu comme de nos rapports avec les autres hommes. Bien que Dieu demeure toujours présent, la communication que nous avons avec lui ne peut être ni sollicitée ni forcée, au moins dans la conscience que nous en avons. Et quand elle s'offre elle ne doit être ni repoussée ni ajournée, quelles que soient les préoccupations particulières qui nous retiennent et qui nous en détournent. Nous ne ressentons pas toujours les atteintes de la grâce et dans le train ordinaire de la vie nous ne pouvons que la deviner ou la pressentir. Son irruption nous surprend toujours sans nous prévenir et le lien qu'elle a avec l'événement, la situation et l'instant est si ténu que nous parvenons à peine à le saisir. C'est une rupture avec la terre, mais un éclair qui illumine toute la terre. Aucune de nos pensées, aucune de nos résolutions n'a assez de puissance pour la faire naître ; non point que la grâce les abolisse, mais elle les absorbe et les engloutit dans sa force et dans sa lumière.
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