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Il n'y a de communication réelle qu'entre deux êtres : le troisième est toujours en tiers et, comme on le dit, il est toujours de trop ; il nous divertit, il empêche la communication de se produire. Quand on est trois, il semble que chacun pourrait être le troisième. On dira qu'il peut être le médiateur entre les deux autres. Mais tant que sa présence se remarque, il est au contraire l'écran : et il ne parvient jamais tout à fait à s'effacer. Car il n'y a de médiateur que Dieu qui est la communication elle-même, la présence absolue où prennent leur source à la fois la présence à soi et la présence mutuelle.

Il faut même éviter de parler à un autre de certains contacts avec des tiers d'où il se trouve lui-même exclu et qu'il ressentirait toujours comme l'indice d'une séparation.

Car il n'y a proprement d'intimité qu'avec un autre, mais qui doit s'achever en lui dans une parfaite réciprocité, dans un aller et un retour. Tel est le sens métaphysique de la dyade qui commence dans le dialogue avec soi et s'achève dans le dialogue avec vous. Et le tiers la brise toujours : il n'est plus qu'un témoin qui fait de l'union entre deux consciences un spectacle, c'est-à-dire une sorte de sacrilège. Car il n'y a d'intimité que de Dieu et non pas de la créature, sinon dans son intimité avec Dieu : mais la dyade en procède et l'accomplit. Aussi, même quand on parle à mille il faut se contenter d'être entendu d'un seul.

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