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skepvox

Elle a pour origine le mouvement régressif par lequel la réflexion, s’interrogeant sur tout ce qui est, nous ramène vers le sujet et distingue, dans le sujet même, un rapport entre sa forme psychologique, sa forme transcendantale et sa forme absolue. Le sujet transcendantal est intermédiaire entre les deux autres. Mais cela ne fait qu’un sujet et non point trois sujets. Le sujet transcendantal procède du sujet absolu et s’incarne dans le sujet psychologique. L’intervalle qui le sépare du sujet absolu est rempli par le monde des idées, comme l’intervalle qui le sépare du sujet psychologique est rempli par le monde sensible. Entre ces deux mondes, il y a une correspondance réglée. Ce sont là seulement des moyens de communication entre les sujets psychologiques qui, à travers le même sujet transcendantal, participent du même sujet absolu. Les sujets psychologiques ne peuvent devenir indépendants, et pourtant entrer en relation les uns avec les autres, que grâce à l’espace et au temps qui leur donnent un corps qui leur est propre, et par conséquent une intimité individuelle et un devenir qui est leur vie même dans ce qu’elle a d’unique et proprement d’ineffable. Mais le monde spatio-temporel, qui les enferme en eux-mêmes, est pourtant un monde commun qui leur fournit les signes pour exprimer ce qu’il y a en eux de différent et d’identique, et, d’une certaine manière, ce qu’il y a d’identique dans leurs différences mêmes. C’est qu’alors les sujets psychologiques se tournent vers le sujet transcendantal, qui, n’étant rien de plus que le sujet en général, les soumet aux lois communes de la participation. Ils s’élèvent alors jusqu’au monde des idées. Ces idées elles-mêmes ne sont encore pour eux que des objets de contemplation. En elles, ils ne consentent pas à voir leur existence individuelle s’abolir, il faut qu’elles la fondent, ce qui n’est possible que si, [plutôt que de l’abolir à son tour], elles fondent le monde qu’ils ont quitté, [c’est-à-dire] si elles se convertissent en valeurs par lesquelles, à travers le sujet transcendantal, le sujet psychologique rejoint le sujet absolu dans la manière dont il assume, en rapport avec lui, la vocation propre à donner sa signification à lui-même et au monde.

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