Être ce que l’on connaît.
Il y a beaucoup de naïveté dans l’affirmation des Anciens que le semblable seul connaît le semblable, et on a dit au contraire qu’il n’y a de connaissance que de l’objet, que ce que je connais, c’est seulement le non-moi. Pourtant il semble qu’il faille introduire ici quelque nuance. Car on veut bien que le sujet comme tel demeure indépendant de tout objet et même qu’il ne soit pas altéré par la connaissance qu’il en a, de même que la liberté, dans sa pureté, n’est souillée par aucun des choix qu’elle a faits. Mais il n’en est pas ainsi du moi, car le propre du moi, c’est d’être déterminé, et, s’il est inséparable de la conscience qu’il a de lui-même, on peut dire qu’il n’est rien de plus que la perspective même (théorique et pratique) qu’il a sur le monde, et non plus seulement le foyer de cette perspective.