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skepvox

La possibilisation du réel ne peut être dissociée du dessein que j’ai sur le réel et qui ne peut pas consister seulement à retrouver à partir du possible le réel que l’on a quitté, mais à porter un jugement sur le réel et à le modifier.

On pourrait supposer que je suis absorbé par la présence même d’une réalité et par ma propre réalité telle qu’elle est donnée, ou que je me contente de me laisser porter par elle sans parvenir à m’en affranchir. C’est là ce qui se produit dans l’existence purement spontanée, antérieure à l’exercice de la réflexion. L’acte de la réflexion est l’acte même de ma liberté. Il faut cependant pour qu’elle s’exerce que je trouve dans les conditions mêmes de mon existence spontanée une occasion qui lui permette d’entrer en jeu ou qui me permette seulement d’en prendre conscience. Faut-il dire que c’est l’insatisfaction que je ressens devant la réalité telle qu’elle est donnée ? Mais cette insatisfaction n’est elle-même qu’un signe de la présence, en moi, d’une activité qui dépasse le donné, et qui, précisément parce qu’elle porte en elle l’infini, est capable de s’en séparer, de lui demander ses titres à l’existence et de le modifier pour chercher en lui un témoignage toujours plus parfait.

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