La distinction entre les trois aspects du moi permet de comprendre l’exercice de la liberté : elle est placée à l’étage du moi transcendantal et regarde tantôt vers le moi psychique et tantôt vers le moi absolu.
La liberté ne peut exister que là où il y a une alternative. Et même, c’est l’alternative qui la définit, plutôt que l’infinité des fins entre lesquelles elle pourrait choisir. Cette alternative n’a de sens qu’à condition qu’elle nous oblige toujours à choisir entre le bas et le haut. C’est pour cela qu’elle siège au niveau du moi transcendantal, qui regarde tantôt vers le sujet absolu et tantôt vers le sujet empirique. Non pas qu’elle puisse jamais renier soit l’un soit l’autre : mais tantôt c’est en regardant vers le moi absolu qu’elle constitue le moi empirique, alors elle élève le monde au niveau de l’absolu ; tantôt c’est en regardant vers le moi empirique qu’elle pense atteindre le moi absolu, alors elle abaisse l’absolu au niveau du monde. De plus, le moi transcendantal n’existe que comme centre de possibilités, soit qu’il les pense, soit qu’il les réalise, ce qui est la fonction même de la liberté.