L’activité et la passivité se rejoignent à la base de la conscience aussi bien qu’au sommet.
Le sujet individuel en tant qu’il adhère encore à la nature doit être défini comme une spontanéité qui est elle-même une activité, mais une activité que nous subissons, de telle sorte qu’en lui l’activité et la passivité ne se distinguent pas. Et il en est de même dans l’exercice le plus parfait de notre liberté, qui est elle-même une activité dont nous disposons, dont l’initiative nous appartient, bien que la puissance qu’elle possède soit une puissance elle-même reçue. (Seulement il faut dire que dans le premier cas notre activité vient pour ainsi dire se résoudre dans notre passivité, alors que c’est l’inverse dans le second cas.) De telle sorte que la distinction entre l’activité et la passivité ne se produit que dans l’entre-deux, c’est-à-dire dans le rapport entre le sujet transcendantal et le sujet individuel, là où précisément ma liberté rencontre dans la nature elle-même une résistance qu’elle essaie de vaincre, et produit elle-même dans la sensibilité des effets auxquels désormais je demeure assujetti.