L’acte réflexif est intermédiaire entre l’objet créé et l’acte créateur.
La conscience ne peut être définie que comme la conscience d’un objet. Et si on voulait en faire la conscience de la conscience, il faudrait, au moins dans son exercice initial, qu’elle fût déjà la conscience d’un objet, faute de quoi elle resterait une pure virtualité. On voit donc que la conscience suppose la création et qu’elle en constitue une sorte de redoublement subjectif. Mais dès que la réflexion s’est produite, elle isole, pour ainsi dire, cette démarche représentative par laquelle il semble que l’objet devient l’œuvre propre de la pensée. C’est là une participation de l’activité créatrice qui, incapable de se donner la réalité du monde, se la rend présente par la représentation, avant de la modifier dans les limites mêmes qui sont assignées à son pouvoir. Ainsi la réflexion est le chemin qui nous permet de relier à l’objet créé l’acte créateur.