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skepvox

Le moi transcendantal n’est pas le propre de l’homme mais de l’être fini en général.

On pourrait être tenté, et on l’a fait souvent, de réduire le moi transcendantal au moi de l’homme par opposition au moi de tel homme, et c’est la raison pour laquelle il est arrivé très souvent que l’on ait donné du kantisme une interprétation biologique. On trouve là un souvenir de la distinction aristotélicienne entre l’espèce et l’individu. Mais nous pensons que le moi transcendantal n’est nullement limité aux conditions particulières de l’existence humaine. Il est inséparable de l’idée d’une perspective quelconque que nous pouvons avoir sur le monde. D’où l’on peut tirer que, malgré les différences entre les perceptions qu’ils en ont, il n’y a qu’un monde pour tous les êtres finis. Ainsi il est possible de déduire des conditions qui seraient, comme Kant l’a vu, les conditions de possibilité d’une expérience en général. Ces conditions doivent être valables au-delà de l’humanité, bien qu’elles puissent recevoir des spécifications privilégiées dans chaque forme particulière de l’expérience : ainsi il y a, sans doute, un espace et un temps sans lesquels il n’y a point de perspective dans laquelle le monde puisse être pris, bien qu’il soit possible de distinguer des espaces et des temps différents, en rapport avec la situation et avec les besoins des différents êtres qui sont dans le monde. Cette vue nous permettrait, peut-être, d’établir une comparaison au moins hypothétique entre la vision du monde par les animaux et la nôtre, de telle sorte que, bien qu’il n’y ait pas en eux de rupture entre le moi psychologique et le moi transcendantal, ils ne peuvent pas s’élever de l’un à l’autre.

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