La réflexion se pose alors comme l’acte d’un sujet qui n’est plus tel sujet.
Un tel sujet qui n’est plus tel sujet, peut donc être défini comme un sujet en général. Ce sujet se trouve au-delà de l’expérience sensible que j’ai du monde, comme de l’expérience psychologique que j’ai de moi-même. C’est pour cela qu’on le nomme quelquefois transcendantal. Mais cela ne veut pas dire que je n’en ai aucune expérience ; seulement cette expérience est présente dans l’expérience psychologique comme l’expérience de l’homme est présente dans chaque homme, moins encore comme une idée que je pourrais tirer d’une comparaison avec les autres, que comme l’expérience de certaines virtualités qu’il dépend de moi d’exercer, qui me sont communes avec tous les hommes, et auxquelles je donnerai par mon acte même une forme unique et individuelle. Ce sujet pur est indépendant de tout corps particulier, mais non pas de tout corps quelconque, seulement il exprime la condition de la connaissance pour tout être fini qui a un corps, avant qu’il ait tel corps différent de tous les autres.