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skepvox

La réflexion est toujours régressive.

Les mots d’inversion et de conversion marquent aussi bien que le mot de réflexion lui-même cette action de retour, cette mise en question de la nature ou de l’objet qui nous oblige à remonter du conditionné à la condition, sans que ce mouvement, semble-t-il, puisse jamais être suspendu. Car la condition devient un nouveau point d’application pour la réflexion, ce qui justifie le reproche d’impuissance qu’on lui fait presque toujours. Mais cela ne serait vrai que si la condition était homogène au conditionné. Car cette régression, bien qu’elle puisse recommencer toujours, ne consiste pas à parcourir à l’envers tous les termes d’une série qui, elle-même, n’aurait point de terme. Ou plutôt cette infinité est le signe de la fécondité de l’acte réflexif, qui est tout entier présent dans sa première démarche. Car ce qu’il nous découvre en effet, c’est le sujet, qui, en se posant lui-même, pose aussi tout ce qui peut être posé, de telle sorte que la réflexion, qui est un repliement sur le sujet, nous livre, dans le sujet lui-même, qui, il est vrai, ne cesse de s’approfondir, l’origine et le fondement de tout ce qui est.

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