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skepvox

L’acte de la réflexion est nommé inversion quand on le considère sous son aspect intellectuel, et conversion quand on le considère sous son aspect volontaire.

Dans le temps, le caractère original de la réflexion se manifeste sous une forme nouvelle. Car, dans la mesure où elle est intemporelle, elle exprime dans le temps, si l’on peut dire, le point de vue de l’éternité. Mais dans la mesure où elle s’exerce dans le temps, elle cesse de lui être assujettie, c’est-à-dire d’en subir le cours. Elle est donc toujours marquée par une interruption ou une reprise. C’est là une sorte de renversement du temps, où la réflexion, remettant sans cesse en question tout ce qui est, est attentive non plus à ce qui procède, mais à ce dont il procède. Or en tant que la réflexion s’applique à un objet, c’est-à-dire en tant qu’elle est intelligence, elle est une inversion du réel ; elle va de l’effet à la cause, et non pas de la cause à l’effet : elle est la manifestation de la cause. En tant que la réflexion se distingue de la spontanéité, mais lui demeure liée, c’est-à-dire en tant qu’elle est volonté, elle cesse d’obéir à la pression du désir, elle l’arrache à la nature, cherchant derrière lui la valeur qu’il suppose, mais qu’elle est seule à pouvoir poser : elle est une conversion.

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