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skepvox

La philosophie commence et se termine avec l’acte de la réflexion.

L’acte de la réflexion n’est point un acte premier. Et le nom même que nous lui donnons suppose une réalité dont il se sépare afin de nous permettre de la comprendre. Toutefois, nous ne savons rien de cette réalité que par l’acte même qui nous en détache. De telle sorte que nous ne pouvons la poser antérieurement à la réflexion qui la fait apparaître dans l’opération par laquelle elle s’y applique et déjà la dépasse. Il n’y a point de réflexion sans objet, mais il n’y a d’objet que pour elle. Et la philosophie se termine dans l’acte de la réflexion : il n’y a point de réalité que la réflexion puisse nous découvrir et dans laquelle elle viendrait un jour se dénouer, ce qui consommerait, avec sa propre ruine, la ruine de la philosophie elle-même. Cette ambition serait contradictoire, puisqu’une réalité qu’elle trouve n’existe que pour elle et disparaît avec elle. Ce qui suffit pour expliquer comment la réflexion, dont le rôle est de nous montrer le réel, est tenue pour incapable de le créer, bien qu’en s’ajoutant à lui, elle y ajoute, et qu’en le produisant à la lumière, elle semble le produire.

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