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skepvox

La réflexion reprend sans cesse en main l’activité même dont elle émane.

La réflexion est l’origine de la conscience que nous avons de nous-même et du monde. Et il n’y a pas de conscience spontanée. La spontanéité n’a pas besoin de la conscience. Toute conscience est une prise de possession de soi et de tout le réel qui suppose une activité et la retourne, pour ainsi dire, vers elle-même pour l’appréhender. Que ce retour, que cette division produise la conscience, c’est là peut-être le véritable mystère de l’être. Pourtant, s’il est contradictoire d’imaginer une activité qui ne soit pas elle-même une activité de l’esprit, et s’il est impossible d’imaginer l’esprit sans la conscience, la réflexion est moins constitutive de la conscience que de notre propre conscience. Notre conscience est donc une dérivation de l’acte créateur, en tant que cet acte devient notre acte propre dans la démarche de la réflexion. Cette démarche n’est jamais qu’une démarche de participation ; elle a pour répondant dans l’activité créatrice une forme déterminée de spontanéité, que nous réussissons à en séparer comme le corrélatif même de l’opération réflexive qui la pose comme son propre antécédent, afin de le conquérir et de le dépasser.

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