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On ne fait jamais rien de bon, dans aucun domaine, même avec le plus grand labeur, si on n’a pas l’âme ardente et le cœur pur, si l’on n’a point à la fois assez de courage pour agir et de docilité pour accueillir, si l’on ne sait pas en même temps donner et recevoir, si l’on n’est point indivisiblement plein de risque et de foi, si l’on pense à des fins personnelles dont on veut se servir et non point à des fins absolues que l’on entend servir.

Ce sont là aussi les règles communes de la parole et de l’écriture. Il y faut de part et d’autre cette parfaite sincérité intérieure qui n’est rien de plus que l’art de s’ouvrir à la vérité sans lui imprimer aucune déformation, cette sorte de simplicité d’âme qui nous permet de la reconnaître et de la dire, ce courage tranquille par lequel on s’engage tout entier et l’on ne réserve jamais rien, cette présence offerte à la totalité du monde sans laquelle on reste prisonnier de l’instant et de soi-même.

Le langage ne nous montre les choses que pour les rapporter à leur source. Et c’est cette source même qu’il évoque plutôt que les choses qui en jalonnent et en divisent le cours. Il a d’autant plus de pureté qu’il procède par allusions plutôt que par désignations et que, derrière chaque objet sur lequel il se pose, il nous rend sensible à la vie qui l’anime, à l’acte spirituel dont il est le témoin. Il faut qu’il remonte toujours à la source et qu’en suivant l’eau qui court à travers les herbes des prés et jusqu’à la cime des feuillages, il lui laisse toujours le goût de la source.

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