La correspondance que nous avons établie entre les catégories ontologiques et les catégories axiologiques suffit à montrer que, si l'être est un acte qui porte en lui-même sa propre raison d'être, son essence même est de s'accomplir. Et c'est sans doute une même chose pour lui de s'accomplir ou d'être participé. Mais la participation fait de lui à la fois une origine et une fin : c'est comme fin qu'il affecte pour nous le caractère du bien. Mais ce bien ne peut avoir pour nous aucun caractère abstrait, puisqu'il n'est rien que par la volonté qui s'y applique. Aussi comme l'être n'exprime son efficacité que par les existences mêmes auxquelles il ne cesse de s'offrir et qui mesurent l'intervalle qui les en sépare par la réalité qui s'impose à elles, de telle sorte que l'être ne peut jamais être saisi par nous sous une forme séparée, mais seulement au point de rencontre de l'existence et de la réalité, de même le bien ne serait lui aussi qu'une pure dénomination s'il ne résidait pas dans une valeur qu'il nous appartient à chaque instant d'actualiser et qui, dans la mesure où le réel ne réussit jamais à l'incarner, nous apparaît sous la forme d'un idéal qui nous oblige toujours à le dépasser. Le double objet de ces analyses, c'était donc de montrer que, si l'être n'est rien de plus qu'un acte qui s'accomplit, et que tout accomplissement enveloppe une distinction entre le possible et son actualisation, il faut à la fois que cet être qui se veut lui-même soit à lui-même son propre bien et qu'il engendre en lui, d'une part, la corrélation de l'existence et de la valeur qu'exprime notre participation divisée à l'être et au bien, d'autre part la corrélation du réel, qui est l'être en tant que participé, et de l'idéal qui le dépasse, parce qu'il est l'être en tant que participable.