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La philosophie semble donc maintenant pouvoir se délivrer de cette antinomie à la fois insupportable et insurmontable par laquelle on opposait autrefois l'être et l'apparence. L'apparence, c'était l'objet tel qu'il était donné, et l'être, c'était l'objet encore, mais tel qu'il était en soi, c'est-à-dire tel qu'il n'était pas donné. Mais il était bien vain de penser qu'il pourrait du moins être donné à une faculté d'intuition qui ne ferait usage elle-même d'aucun sens. Car rien ne peut être donné que sous la forme d'un objet ou d'un phénomène. Et une telle faculté d'intuition est une chimère si elle n'est pas la conscience même que nous prenons d'un acte intérieur, au moment où nous l'accomplissons. Or c'est cet acte intérieur qui fonde notre existence propre ; et la valeur en est inséparable, s'il est vrai qu'une telle existence, en tant non pas qu'elle est donnée, mais qu'on se la donne, implique toujours une justification d'elle-même sans laquelle elle serait précisément dépourvue d'intériorité. La valeur nous fait donc pénétrer dans l'intériorité de l'être en tant qu'il est véritablement cause de soi. L'être ne possède aucun des caractères par lesquels l'objet peut être défini, même si l'on ajoute qu'il est un objet pur ou un objet intelligible : mais la réalité objective mérite évidemment le nom d'apparence, dans la mesure où elle est corrélative d'un acte de participation, où elle le limite et le dépasse, bien qu'elle n'ait de sens que pour lui et par rapport à lui.