Dès lors il ne faut pas s'étonner que, tandis que le bien a toujours un caractère absolu, la valeur ait un caractère relatif. Ce caractère a été mis en lumière par tous les théoriciens de la valeur. Mais sur ce point il faut être prudent. Car la valeur est dans les choses relatives cela même qui exprime leur relation avec l'absolu. Telle est la raison aussi pour laquelle on peut dire qu'elle est proprement l'absolu de chaque chose ou encore que c'est elle qui nous permet de relever jusqu'à l'absolu toutes les choses relatives, qui subordonne ces choses à l'acte d'une liberté, et l'acte de cette liberté à une causalité de soi par soi qui en est le principe et le fondement. La valeur, c'est donc encore le bien, mais engagé dans la participation et mettant en jeu soit l'agent de la participation, soit les déterminations qui sont la condition ou l'effet de son opération. Telle est la raison pour laquelle la valeur nous semble toujours devoir être acquise, bien qu'elle nous paraisse toujours coïncider avec l'essence même des êtres et des choses, comme si la manquer, c'était être tout à coup infidèle à soi-même et devenir seulement l'ombre de ce que l'on pouvait être.