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Car si l'être lui-même n'est pas un objet ou une chose (l'objet ou la chose ayant toujours un caractère phénoménal), il faut qu'il soit une activité qui se produit elle-même éternellement. Mais il y aurait la même superstition à considérer le bien comme résidant dans une fin ultime qu'il s'agirait pour nous d'atteindre et dans laquelle notre activité comblée viendrait pour ainsi dire s'achever et mourir : il réside dans notre activité considérée sous sa forme la plus parfaite et la plus pure ; celle-ci n'a sa fin qu'en elle-même, et le mal s'introduit en elle avec les résistances et les limites auxquelles elle succombe ou dans lesquelles elle se complaît et qui l'empêchent d'être jamais égale à elle-même. Mais alors les définitions de l'être et du bien coïncident nécessairement. De même que l'être fléchit dès qu'il rencontre quelque borne qui le phénoménalise, de même que l'être de chaque chose c'est pour nous non pas le spectacle qu'elle nous donne, mais l'acte même dont elle dépend en nous ou hors de nous, de même le bien réside pour nous dans la pureté d'une volonté qui ne se laisse pas déterminer du dehors, c'est-à-dire séduire, et qui trouve toujours en elle la raison intérieure de chacune de ses actions. On comprend donc facilement le sens que l'on a donné pendant longtemps à la formule célèbre : ens et bonum convertuntur.