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Il n'y a qu'un trait qui puisse définir le saint, le plus rare, le seul nécessaire, qui suffit à tout, qui rassemble tous les autres, et sans lequel tous les autres sont comme rien. Le saint est l'homme entièrement dépouillé de tout amour-propre.

La différence entre l'homme qui s'est engagé dans le monde et l'homme qui s'en est détaché, c'est que l'homme qui est dans le monde considère dans bien des cas l'amour-propre comme une vertu. Le saint, jamais.

Le saint est encore celui qui supporte et qui aime le pécheur, au lieu de le repousser et de le haïr.

Le saint n'est pas celui qui se sauve lui-même, mais celui qui sauve les autres. Et c'est en les sauvant qu'il se sauve. Ce mot de salut indique assez que notre existence est toujours menacée. Et s'il est vrai que le temps ne cesse de l'anéantir, elle ne peut être sauvée que par cette entrée dans l'éternité qui est le privilège du saint.

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