En corrélation avec le moi pur nous trouvons le monde des idées.
Le moi pur abolit toutes les perspectives particulières que nous pouvons prendre sur le monde, mais non point l’idée de toute perspective en général. Telle est la raison aussi pour laquelle il ne peut se représenter les choses que telles qu’elles seraient pour un sujet qui ne serait pas tel sujet particulier. Par conséquent, pour que les choses elles-mêmes puissent avoir un aspect sensible, il faut d’abord qu’elles satisfassent aux conditions qui leur permettent d’être des choses pour n’importe quel sujet. Chercher ces conditions, c’est substituer aux choses les idées des choses. Ces idées demandent toujours à être construites : mais elles le sont selon les lois nécessaires de la représentation en général. Enfin le moi lui-même devient une idée, qui n’a point de réalité, qu’il appartient au moi individuel de penser, afin précisément qu’il puisse, en la réalisant, se réaliser.