Le caractère ontologique du bien explique pourquoi, dès qu'on a dissocié l'existence de l'essence et considéré l'existence même dans son double aspect en tant, d'une part, qu'elle nous est donnée et qu'elle nous engage dans une situation et, d'autre part, qu'elle dépend d'un acte libre par lequel nous nous la donnons à nous-même, c'est-à-dire sous les deux faces par lesquelles s'exprime l'acte de la participation —, ce n'est plus avec le bien qu'on la met en rapport : car le bien ne peut être défini que comme un absolu qui est transcendant à l'existence et hors d'atteinte pour elle ; il la surpasse comme l'être lui-même dans lequel elle ne cesse de puiser, mais qu'elle n'égale jamais. De même le bien auquel elle peut prétendre est toujours un bien qui a de la proportion avec elle, qui se compose avec le mal et peut se changer en mal. Il entre dans une échelle, qui comporte une différence de degrés et à laquelle on donne le nom d'échelle des valeurs.