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Cependant dire que l'être de l'existence, c'est l'être d'un pouvoir-être, ou encore du pouvoir qu'elle a de se donner à elle-même son essence, c'est dire aussi que cette existence ne peut être définie autrement que comme celle d'une liberté. Il faut remarquer qu'en dehors de l'exercice de cette liberté par laquelle l'existence est intérieure à soi puisqu'elle n'a pas d'autre être que celui qu'elle se donne à elle-même, l'existence ne serait pas celle du moi, elle ne serait mienne à aucun degré. Ce serait la réalité d'une chose, telle qu'elle est donnée à la conscience d'un autre. Il n'y a rien qui existe sinon comme moi et rien qui existe comme moi sinon par le pouvoir qu'il a de disposer de soi. C'est par là aussi que nous pénétrons dans l'être qui apparaît tout à coup à la liberté comme un faisceau de possibilités entre lesquelles précisément il lui appartiendra de choisir. La liberté, c'est le tout de l'être transmué en possibilité en chaque point : et la liberté, comme la conscience, doit être elle-même identifiée avec la possibilité du tout. Autrement, il faudrait introduire en elle par avance une limitation dont on voit bien qu'elle ruinerait cette pureté originelle qui la fait être précisément comme liberté. Elle ne peut pas être distinguée de l'infini de possibilité. On peut la définir comme la possibilité de toutes les possibilités.